Voyage en Patagonie

patagonie01Christine Sauvage, des Lettres Voisines, nous avait raconté l’an dernier son périple au Népal. Cette année elle s’est rendue en Patagonie du 13 février au 3 mars et nous parle un peu de cette contrée lointaine.

La Patagonie est une zône géographique à l’extrême sud de l’Amérique du Sud, d’une superficie de plus de 2 fois la France et s’étalant sur le Chili et l’Argentine, séparés par la Cordillière des Andes.

« Je suis arrivée à Buenos Aires, avec un groupe de 8 personnes, et nous avons effectué avec un guide 2 treks, l’un en Argentine, l’autre au Chili.

A cette période c’est un printemps très froid avec souvent des trombes d’eau, de la neige et un vent infernal. Le vent Patagonien vient du Pacifique, balaye la pampa et s’engouffre dans les glaciers entre les montagnes. A côté, le vent de la pointe du Raz ce n’est rien du tout !

Tout le grand sud côté pacifique est une énorme langue glaciaire sur plusieurs milliers de km. C’est la fin des Andes avec des pics granitiques invaincus car quand le vent survient il est impossible de bivouaquer sur des parois de 1500 mètres de roches et de glace. Nous cheminions donc en bas ou sur les bords des glaciers en montant sur les moraines. Ici les glaciers descendent à 800 mètres. D’ailleurs ils ne reculent pas et on ne sent pas les effets du réchauffement climatique.

Beaucoup de sommets portent des noms familiers pour les français car témoignant du glorieux passé de l’Aéropostale : Le Petit Prince, le Mermoz, le Guillaumet…

Les distances sont énormes et nous avons pris un vol local entre les 2 treks. Pas de mules comme en Himalaya, nous avons tout fait au sac à dos et bivouaqué.

Le spectacle des paysages est grandiose mais la déception par rapport aux autres pays andins est qu’on ne fait pas de rencontre culturelle. Les locaux sont des allemands, anglais, croates, français basques, installés là depuis longtemps mais les autochtones ont disparu, éliminés par les immigrés accueillis par les régimes chilien et argentin. C’est un génocide complètement occulté. Même les gauchos qui travaillent dans la pampa dans les immenses estancias à l’élevage des moutons pour la laine, et des vaches pour la viande, sont des descendants d’immigrés. Il n’y a plus de culture locale, seulement témoignée par des peintures rupestres du début du XXème siècle où vivaient encore des peuples nomades habillés de peaux de guanacos.

Les guanacos, apparentés aux lamas, vivent aujourd’hui à l’état sauvage et sont la principale nourriture des pumas, très nombreux, qui laissent des carcasses partout au milieu d’une végétation rase et désertique.

Les ressources minières sont considérables avec du fer, du manganèse, du cuivre, plutôt dans le nord. Le sud composé de nombreux parcs nationaux accueille les trekkers du monde entier. Outre la pluie, le vent et la neige, les trekkers doivent affronter l’organisation des parcs nationaux qui concentrent les campeurs dans des espaces restreints alors que la place ne manque pas.

Nous avons aussi passé 2 jours à Buenos Aires où je ne voulais pas manquer deux endroits en particulier :

  • la deuxième plus grande librairie du monde, El Ateneo Grand Splendid, installée dans un ancien théâtre et qui contient 200 000 ouvrages de toutes langues,
  • la Place de Mai où les grand-mères continuent de venir réclamer les disparus de l’ancienne dictature argentine. Le Chili et l’Argentine restent très marqués par leur histoire politique récente avec les dictatures dont la plupart des responsables sont restés impunis. »

De ce voyage qui ne ressemble à aucun autre, Christine a ramené des souvenirs de paysages inoubliables, désertiques et minéraux :

patagonie02Au parc national Las Torres del Paine (Chili) devant ses 3 pics granitiques culminant entre 2600 et 2850 m et devant le glacier Perito Moreno (Argentine).

patagonie_route40La mythique route nationale 40 parcourt l’Argentine du nord au sud sur 5000 km,
culmine à 4895 m en reliant 27 cols et traverse 20 parcs nationaux.

patagonie05

patagonie06

patagonie07

patagonie08Roches basalmiques et métamorphiques

patagonie09Le Cerro Torre, 3102 m, une des montagnes les plus difficiles au monde avec 800 m de paroi granitique sur toutes les faces sous une calotte glaciaire instable !

patagonie14Les guanacos, animaux sauvages, sont apparentés au lama.
Ils sont capables de 65 km/h pour échapper aux pumas.

patagonie16

patagonie17

patagonie18

patagonie21Le glacier Perito Moreno (Argentine) fait 5 km de front et 170 m de haut à sa sortie,
dont plus de 70 m émergés.
Son épaisseur peut atteindre 700 m et il avance de 2 m/jour.

elateneoLa 2ème plus grande bibliothèque du monde est à Buenos Aires dans un ancien théâtre

patagonie03Christine nous recommande la lecture de 2 ouvrages de Caryl Férey, un auteur voyageur français de romans policiers. « Mapuche » et « Condor » vous plongeront, l’un dans le contexte de la dictature argentine, l’autre entre les bas-fonds de Santiago et le désert minéral de l’Atacama au Chili.


Auteur : Patrick Germain, 2 mai 2016 – Photos Christine Sauvage